Gwada 2010 – Retour à la Mangue
01 jan 2011 Laisser un commentaire
in Non classé
Lorsque je suis arrivé, l’on m’avait dit, tu sais Dimi, ce n’est pas la saison des Mangues, c’est fini. Lorsque je suis arrivé, l’on m’avait dit, tu sais Dimi, au mieux en Avril il y en aura quelques pourries.
Que pouvais-je faire alors, sinon me souvenir, me rappeler le goût délicieux de celles, qu’avec Céline nous avions partagées, à quelques heures et quelques kilomètres d’ici, un peu cruel.
C’est la fin d’année, cette saleté de fin d’année. Ce sont les fêtes de fin d’année, ces saletés de fêtes de fin d’année.
J’ai lu quelque part que les deux dates qu’il a retenues sont celles de deux naissances. Moi la date que je retiens n’est pas encore venue, c’est celle de mon absence.
Parfois on me dit, tu sais Dimi, ils t’ont donné la vie, ils t’ont aimé aussi. Ils ne m’ont rien donné, en tout cas pas la vie, ce qu’ils m’ont donné, ce n’est pas celle-ci, c’est l’attente d’un autre voyage dont je rêve chaque nuit.
Il y a quelques jours, un soir il est parti, le soir d’un cache-cache. La lune n’était plus là, et depuis je n’ai plus revu ses belles moustaches. Mon chat s’en est allé, où on l’a attrapé, cela faisait plus d’une décennie, qu’il miaulait pour manger, qu’il visitait avec moi d’autres contrées, depuis 14 ans et demi.
Si tu ne reviens pas, Méphisto, je t’aime mon chat.
On fait mieux comme fin d’année, même la pluie s’y met pour m’ôter, le soleil, la chaleur, le bien être qu’ici je suis venu chercher.
De l’autre côté du chemin, il y a un manguier, de ceux là dont au marché vous ne trouverez pas les fruits étalés. Chaque jour je passe, et je regarde si quelques unes sont tombées, si les fourmis les ont épargnées, alors je me laisse aller à les ramasser.
L’on m’avait dit tu sais Dimi, ce n’est pas la saison des Mangues. Mais ce sont bien celles-ci mes préférées, bien meilleures que toutes celles que l’on peut acheter. Celles que l’on ne trouve que sur le chemin, de l’autre côté, au pied du Manguier.
Lorsque je la coupe, lorsque je la mange, alors j’oubli un peu tout ce qui m’étrangle. L’espace de quelques instants, à peine quelques secondes seulement. Je la prépare délicatement, je la laisse mûrir paisiblement. Quand elle est tâchée, juteuse, et délicieuse, je m’apprête à la déguster, même une toute petite suffit à rendre mes papilles heureuses.
Un goût unique de liberté, une subtile saveur sucrée, et j’oublie tout ce qui pourrait me faire pleurer.

